AG des personnels de Paris 1 d'aujourd'hui mardi 27/11/07
Aujourd'hui en Sorbonne, alors que la fac était bloquée et occupée toute la journée (de 7h jusqu'à la tombée de la nuit), par 150 étudiants, s'est tenue une assemblée générale de professeurs et de personnels de Paris-1 (environ 150 profs, à vue de nez).
Les deux textes ci-dessous ont été rédigés et votés pendant cette AG, à laquelle j'ai assisté quelques dixaines de minutes.
Demain AG à midi.
I. L'université.
Démocratie de fonctionnement : contre la présidentialisation nous
affirmons la supériorité du fonctionnement démocratique pour préserver la
qualité pédagogique et scientifique de l'université ;
Compétence scientifique collective : contre les recrutements biatoss et
enseignants laissés au bon vouloir et aux appréciations personnelles d'un
président et de ses conseillers, nous réaffirmons la supériorité du
recrutement par les pairs dans le cadre des commissions de spécialistes ;
Gratuité des enseignements : contre la tentation de substituer les
diplômes d'université, dont les contenus et les modes de financement sont
laissés au bon vouloir de chaque établissement, nous exigeons que les
diplômes nationaux gratuits soient sauvegardés et que leur valeur soit
préservée par rapport aux autres par des dispositifs de refinancements ;
Redistribution interne des financements de la recherche : contre la
subordination indirecte de l'université à travers des modes de
financements par sponsoring, donations et agences de moyens nous exigeons
la mise en place de structures démocratiques internes permettant
d'organiser de manière pérenne les refinancements et péréquations entre
disciplines, entre matières et entre types de recherches.
Péréquation internuniversitaire des financements : contre le risque de
voir progressivement les financements privés se concentrer sur certaines
institutions à l'image prestigieuse ou commerciale nous appelons à mettre
en place un système national de péréquation interuniversitaire pour la
répartition des financements privés.
Pour atteindre ces objectif et défendre ainsi la valeur d'un système
universitaire de qualité, ouvert, démocratique et indépendant qui n'a rien
d'autre à envier aux écoles privées ou élitistes que leurs financements
privilégiés y compris de l'Etat, nous appelons à participer au débat
organisé à Jussieu de 12 h à 14 h jeudi 29 novembre et nous appelons
l'ensemble du monde universitaire et scientifique à se mobiliser :
1) à rejoindre les manifestations publiques organisées aujourd'hui et dans
les prochains jours ;
2) à diffuser des tracts et à faire de l'information systématique sur les
conséquences de cette loi au détriment de l'université ;
3) à organiser des ateliers de débats et de mobilisation ainsi que des
journées banalisées pour favoriser l'élaboration de dispositifs d'une
autre réforme de l'université ;
4) nous appelons l'ensemble des acteurs de l'université et notamment les
syndicats enseignants à effectuer un débrayage jeudi 29 novembre 2007 et à
déclencher un vaste mouvement de grève de tous les personnels le mardi 4
décembre 2007 ;
5) nous appelons tous les acteurs de l'université à se mobiliser pour
obtenir que le gouvernement s'engage à suspendre la mise en oeuvre de
cette loi.
II. Appel de l’assemblée générale des enseignants, chercheurs et BIATOSS de l’Université Paris1
Nous, enseignants, chercheurs et BIATOSS de l’Université Paris 1 rappelons
notre attachement aux principes qui fondent l’Université :
L’Université doit être un lieu démocratique aussi bien pour les étudiants
que pour les personnels, c’est-à-dire ouverte à tous sans sélection des
étudiants à l’entrée et garantissant à tous ses membres un contrôle sur
sa gestion.
L’Université doit être un lieu de savoir, où l’existence de toutes les
disciplines est garantie, et un lieu d’enseignement et de recherche de
qualité, à tous les niveaux qui sont les siens, Licence, Master et Doctorat.
L’Université doit être ouverte sur l’international, ce qui implique une
mobilité de ses membres sans que cela justifie la prolifération de contrats
précaires.
L’Université doit être ouverte sur le monde extérieur, tout en restant
maîtresse des modalités de cette ouverture et des contenus de
l’enseignement et de la recherche.
L’Université doit garantir des statuts stables à l’ensemble du personnel,
garantie du pluralisme et de l’indépendance de la pensée.
Or, la Loi LRU est une réforme bureaucratique qui sous couvert de
modernisation tourne le dos à la gestion démocratique et collégiale des
universités. Elle concentre l'essentiel des pouvoirs dans les mains les
présidents, en réduisant la proportion des étudiants et des personnels
administratifs dans les instances de décision, et en vidant de leurs
prérogatives le conseil scientifique et le conseil de la vie étudiante.
Dans cette loi globalement condamnable, plusieurs points nous apparaissent
particulièrement nocifs :
- la disparition des commissions de spécialistes : un enseignant-chercheur ne
sera plus désigné par des spécialistes élus de sa discipline, assurant la
qualité du recrutement, mais nommé par le président de l’Université, au
risque de dérives clientélistes
- la remise en cause des statuts des personnels enseignants, chercheurs et
BIATOS par le foisonnement de statuts de contractuels, voire de statuts «
privés » et précaires, avec toutes les conséquences prévisibles en terme
de restriction des libertés pédagogiques et le pluralisme
- elle permet de redéployer des budgets de fonctionnement vers
l’équipement, mais non le contraire : des universités vétustes
n’auraient donc d’autre choix que d’amputer la masse salariale pour
maintenir leur patrimoine immobilier
- elle organise le désengagement financier de l'Etat, ce qui conduirait à un
appauvrissement d’un grand nombre d’universités, au risque d'une hausse
des frais d'inscription, du développement d’un système universitaire à
deux vitesses, et d’une recherche effrénée de subsides divers, aux dépens
des missions de formation et de recherche, en particulier la recherche
fondamentale
Nous appelons l’ensemble de la communauté universitaire (étudiants,
BIATOSS, enseignants et chercheurs) à se mobiliser contre cette loi.
Les deux textes ci-dessous ont été rédigés et votés pendant cette AG, à laquelle j'ai assisté quelques dixaines de minutes.
Demain AG à midi.
I. L'université.
L'assemblée générale des personnels de l'Université Paris 1, réunie à
l'appel de l'ensemble des organisations syndicales ce mardi 27 novembre
2007, a décidé d'exprimer son opposition à la loi de réforme de
l'université et d'appeler l'ensemble du monde universitaire mais aussi
l'ensemble des citoyens français soucieux de préserver une université de
qualité, ouverte, démocratique et autonome, à se mobiliser pour en
défendre les principes :
l'appel de l'ensemble des organisations syndicales ce mardi 27 novembre
2007, a décidé d'exprimer son opposition à la loi de réforme de
l'université et d'appeler l'ensemble du monde universitaire mais aussi
l'ensemble des citoyens français soucieux de préserver une université de
qualité, ouverte, démocratique et autonome, à se mobiliser pour en
défendre les principes :
Démocratie de fonctionnement : contre la présidentialisation nous
affirmons la supériorité du fonctionnement démocratique pour préserver la
qualité pédagogique et scientifique de l'université ;
Compétence scientifique collective : contre les recrutements biatoss et
enseignants laissés au bon vouloir et aux appréciations personnelles d'un
président et de ses conseillers, nous réaffirmons la supériorité du
recrutement par les pairs dans le cadre des commissions de spécialistes ;
Gratuité des enseignements : contre la tentation de substituer les
diplômes d'université, dont les contenus et les modes de financement sont
laissés au bon vouloir de chaque établissement, nous exigeons que les
diplômes nationaux gratuits soient sauvegardés et que leur valeur soit
préservée par rapport aux autres par des dispositifs de refinancements ;
Redistribution interne des financements de la recherche : contre la
subordination indirecte de l'université à travers des modes de
financements par sponsoring, donations et agences de moyens nous exigeons
la mise en place de structures démocratiques internes permettant
d'organiser de manière pérenne les refinancements et péréquations entre
disciplines, entre matières et entre types de recherches.
Péréquation internuniversitaire des financements : contre le risque de
voir progressivement les financements privés se concentrer sur certaines
institutions à l'image prestigieuse ou commerciale nous appelons à mettre
en place un système national de péréquation interuniversitaire pour la
répartition des financements privés.
Pour atteindre ces objectif et défendre ainsi la valeur d'un système
universitaire de qualité, ouvert, démocratique et indépendant qui n'a rien
d'autre à envier aux écoles privées ou élitistes que leurs financements
privilégiés y compris de l'Etat, nous appelons à participer au débat
organisé à Jussieu de 12 h à 14 h jeudi 29 novembre et nous appelons
l'ensemble du monde universitaire et scientifique à se mobiliser :
1) à rejoindre les manifestations publiques organisées aujourd'hui et dans
les prochains jours ;
2) à diffuser des tracts et à faire de l'information systématique sur les
conséquences de cette loi au détriment de l'université ;
3) à organiser des ateliers de débats et de mobilisation ainsi que des
journées banalisées pour favoriser l'élaboration de dispositifs d'une
autre réforme de l'université ;
4) nous appelons l'ensemble des acteurs de l'université et notamment les
syndicats enseignants à effectuer un débrayage jeudi 29 novembre 2007 et à
déclencher un vaste mouvement de grève de tous les personnels le mardi 4
décembre 2007 ;
5) nous appelons tous les acteurs de l'université à se mobiliser pour
obtenir que le gouvernement s'engage à suspendre la mise en oeuvre de
cette loi.
II. Appel de l’assemblée générale des enseignants, chercheurs et BIATOSS de l’Université Paris1
Nous, enseignants, chercheurs et BIATOSS de l’Université Paris 1 rappelons
notre attachement aux principes qui fondent l’Université :
L’Université doit être un lieu démocratique aussi bien pour les étudiants
que pour les personnels, c’est-à-dire ouverte à tous sans sélection des
étudiants à l’entrée et garantissant à tous ses membres un contrôle sur
sa gestion.
L’Université doit être un lieu de savoir, où l’existence de toutes les
disciplines est garantie, et un lieu d’enseignement et de recherche de
qualité, à tous les niveaux qui sont les siens, Licence, Master et Doctorat.
L’Université doit être ouverte sur l’international, ce qui implique une
mobilité de ses membres sans que cela justifie la prolifération de contrats
précaires.
L’Université doit être ouverte sur le monde extérieur, tout en restant
maîtresse des modalités de cette ouverture et des contenus de
l’enseignement et de la recherche.
L’Université doit garantir des statuts stables à l’ensemble du personnel,
garantie du pluralisme et de l’indépendance de la pensée.
Or, la Loi LRU est une réforme bureaucratique qui sous couvert de
modernisation tourne le dos à la gestion démocratique et collégiale des
universités. Elle concentre l'essentiel des pouvoirs dans les mains les
présidents, en réduisant la proportion des étudiants et des personnels
administratifs dans les instances de décision, et en vidant de leurs
prérogatives le conseil scientifique et le conseil de la vie étudiante.
Dans cette loi globalement condamnable, plusieurs points nous apparaissent
particulièrement nocifs :
- la disparition des commissions de spécialistes : un enseignant-chercheur ne
sera plus désigné par des spécialistes élus de sa discipline, assurant la
qualité du recrutement, mais nommé par le président de l’Université, au
risque de dérives clientélistes
- la remise en cause des statuts des personnels enseignants, chercheurs et
BIATOS par le foisonnement de statuts de contractuels, voire de statuts «
privés » et précaires, avec toutes les conséquences prévisibles en terme
de restriction des libertés pédagogiques et le pluralisme
- elle permet de redéployer des budgets de fonctionnement vers
l’équipement, mais non le contraire : des universités vétustes
n’auraient donc d’autre choix que d’amputer la masse salariale pour
maintenir leur patrimoine immobilier
- elle organise le désengagement financier de l'Etat, ce qui conduirait à un
appauvrissement d’un grand nombre d’universités, au risque d'une hausse
des frais d'inscription, du développement d’un système universitaire à
deux vitesses, et d’une recherche effrénée de subsides divers, aux dépens
des missions de formation et de recherche, en particulier la recherche
fondamentale
Nous appelons l’ensemble de la communauté universitaire (étudiants,
BIATOSS, enseignants et chercheurs) à se mobiliser contre cette loi.
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