Le fétichisme de la marchandise
Journée d'étude
| Emission diffusée le > 27 Décembre 2007 | ![]() |
| Emission diffusée le > 03 Janvier 2008 | ![]() |
Il apparaît de plus en plus aujourd’hui que le concept de “ fétichisme de la marchandise ” constitue la partie centrale de l’héritage intellectuel de Marx. C’est à partir de ce concept qu’on peut bâtir une critique radicale de la marchandise, de l’argent, de la valeur, du travail et de la politique, c’est-à-dire une critique qui ne se limite pas à décrire les luttes menées autour de leur gestion et de leur distribution (la “ lutte des classes ” traditionnelle), mais qui reconnaît que ces catégories elles-mêmes font problème : elles sont propres à la seule modernité capitaliste, et sont responsables de ses côtés destructeurs et auto-destructeurs.
Le “ fétichisme de la marchandise ” n’est pas seulement une fausse représentation, et encore moins une adoration exagérée des marchandises. Il est le monde “ réellement renversé ” du capital, où le travail abstrait (qui n’est pas le travail immatériel !) devient le lien social, en réduisant le travail concret à une simple expression du travail abstrait.
La dynamique aveugle de l’accumulation tautologique du travail abstrait – soustraite au contrôle des “ sujets automates ” (Marx) du capital – mène ce système à sa crise : les besoins vitaux se trouvent enfin tous soumis à l’exigence de la “ rentabilité ” qui a son origine dans le travail abstrait. Mais la société de travail n’a plus besoin du travail. Il faut donc questionner radicalement le rôle du travail et de son expression, l’argent, dans la société contemporaine. En effet, ils ne semblent plus capables d’assurer la reproduction des êtres humains. De même, cette crise touche aussi à la forme (du) sujet (dont l’évocation ne constitue plus le présupposé d’un projet d’émancipation) et au rapport entre les sexes.
C’est à ces conclusions que sont arrivés, dans les dernières décennies, plusieurs auteurs et groupes de réflexion, notamment Robert Kurz en Allemagne ainsi que Moishe Postone aux États-Unis. Il s’agit ici d’une première présentation partielle de ces idées qui prétendent dépasser les impasses du marxisme traditionnel autant que du prêt-à-penser contemporain.
Sous la responsabilité de Gérard Briche et Anselm Jappe.
Nous écoutons :
- Allocution d'ouverture, par Gérard Briche
- L'impuissance et le fétichisme, par Anselm Jappe
- Le travail abstrait et ses mystères, par Anselm Jappe
- Le drame du sujet, par Gérard Briche
- Où mènent les mauvais chemins, par Gérard Briche.
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