Coup d'oeil sur la folie : "Le plancher de Jeannot".

Publié le par Ritoyenne

 Voici un article de Rue89 sur "le plancher de Jeannot". Le texte complet de Jeannot est collé à la fin de l'article. C'est à lire. Sur la folie, on pourra aller jeter un oeil sur ce documentaire de Michel Foucault (dont on trouvera tous les documents en cliquant ici).





Voici l'article de Rue89 :


"Des phrases hallucinantes exhibées aux portes d’un hôpital. Gravées avec rage, telle une mystérieuse prophétie. Depuis une semaine, "Le Plancher de Jeannot" interpelle les passants devant l'hôpital Sainte-Anne à Paris. Installée sur le trottoir, cette pièce unique évoque les délires d’un jeune homme au destin incroyable. En l’exposant pour la première fois au public, l’hôpital espère aussi changer notre regard sur la folie et la souffrance.

 

"LA RELIGION A INVENTE DES MACHINES A COMMANDER LE CERVEAU DES GENS ET DES BETES (...)"

C’est par ces mots que démarre l’étrange et long message posthume de Jeannot, présenté sur le trottoir de la rue Cabanis à Paris. Evoquant des terreurs secrètes et la hantise d’une obscure persécution, les phrases, gravées dans un plancher en chêne de 16m2, s’enchaînent, souvent sans cohérence apparente.

"Imaginez un jeune type, tout seul à quatre pattes dans sa piaule, en train de graver ses délires dans le sol: Jeannot s’est crucifié lui-même sur ce plancher", souligne le professeur Jean-Pierre Olier.

Aujourd’hui encore, le chef du service hospitalo-universitaire à Sainte-Anne reste fasciné par cette œuvre inclassable, un temps convoitée par la Collection de l'art brut de Lausanne. C’est grâce à Jean-Pierre Olier que "Le Plancher de Jeannot" est désormais installé en permanence devant l’hôpital. Découpé en trois panneaux tels des totems géants, l'œuvre raconte une histoire de souffrances et de folie. Celle d’un jeune paysan du Béarn à la fin des années 60.

Jeannot s'enferme, grave sa souffrance et se laisse mourir de faim

En 1959, Jeannot a 20 ans et s’enrôle pour l’Algérie. Quand il rentre chez lui, son père, réputé homme violent, s’est pendu. Jeannot reprend alors la ferme avec sa mère et sa sœur Paule. Mais peu à peu, la petite cellule familiale s’isole du monde. Abandonne les cultures. Chasse les visiteurs à coups de fusil. En 1971, la mère meurt. Jeannot et sa sœur la gardent plusieurs jours devant la cheminée "pour la réchauffer". Puis l’enterrent dans la maison, sous l’escalier.

Le Plancher de Jeannot (BNF).

Jeannot s’enferme ensuite dans sa chambre. Pendant des mois, il va graver sa souffrance dans le plancher. Et se laisser mourir de faim. Il avait alors 33 ans. Sa sœur Paule, restée seule, s’isolera encore plus. On la retrouvera morte dans la porcherie quelques années plus tard.

Le cri de douleur de Jeannot aurait pu rester totalement inconnu. Mais le plancher est découvert par hasard lors de la vente de la ferme, par une jeune antiquaire. Son père, le docteur Roux, est un psychiatre connu pour collectionner "l’art des fous". L’œil aiguisé par les passions paternelles, l’antiquaire comprend immédiatement l’intérêt de ce sol atypique recouvert de mots. Le docteur Roux en fait l’acquisition en 1993 puis le revend au laboratoire pharmaceutique Bristol-Myers-Squibb (BMS) en 2002.

Et c’est dans le hall de BMS à Rueil, où le plancher est exposé, que le professeur Olier aura sa propre révélation: "Il faut le mettre à Sainte-Anne!". Il circulera d’abord dans différentes expositions de la halle Saint-Pierre, à la Bibliothèque nationale et à la Collection de l'art brut de Lausanne. Mais, sensible à l’insistance d'Olier, BMS accepte de le céder à l’hôpital.

"Les maladies psychiatriques ne doivent plus passer pour honteuses"

Aujourd’hui, Olier espère que l’œuvre ainsi montrée au public permettra "d’abattre des murs": "Montrer que l’institution a changé. Qu’est-ce qu’un asile aujourd’hui? 80% des 30000 personnes soignées chaque année à Sainte-Anne viennent désormais uniquement en consultation. Les maladies psychiatriques ne doivent plus passer pour honteuses."

A Sainte-Anne, l’expression artistique a aussi une place particulière. Des ateliers d’art-thérapie y sont organisés depuis les années 50, et l’institution possède une collection unique d’œuvres artistiques composées par ses patients.

Mais alors, "Le Plancher de Jeannot": œuvre d’art brut comme on l’a dit parfois? Ou bien témoignage clinique d’un jeune schizophrène, victime d’hallucinations et de délires de persécution? "Les deux. C’est à la fois une œuvre artistique par sa beauté et un témoignage personnel par son contenu", tranche le docteur Anne-Marie Dubois, qui dirige le Centre d'étude de l’expression à Sainte-Anne. Mais il faut se méfier de toute analyse, ajoute t-elle, ce que quelqu’un produit n’est pas forcément ce qu’il est." Quarante ans après, les souffrances de Jeannot gardent encore une part de mystère.

Reflets de la rue Cabanis sur le Plancher de Jeannot (Audrey Cerdan/Rue89).

Hôpital Sainte-Anne,7, rue Cabanis, Paris XIVe"


Source : Rue89.






Voici le texte de Jeannot, dans son intégralité (trouvé sur wikipedia) :

"La religion a inventé des machines à commander le cerveau des gens et bêtes et avec une invention à voir notre vue à partir de rétine de l’image de l’œil abuse de nous santé idées de famille matériel biens pendant sommeil nous font toutes crapulerie l’Eglise après avoir fait tuer les juifs à Hitler a voulu inventer un procès type et diable afin prendre le pouvoir du monde et imposer la paix aux guerres l’Eglise a fait les crimes et abusant de nous par électronique nous faisant croire des histoires et par ce truquage abuser de nos idées innocentes religion a pu nous faire accuser en truquant postes écoute écrit et inventer toutes choses qu’ils ont voulu et depuis 10 ans et abusant de nous par leur invention a commandé cerveau et à voir notre vue a partir image rétine de l’œil nous faire accuser de ce qu’il nous font à notre insu c’est la religion qui a fait tous les crimes et dégâts et crapulerie nous en a inventé un programme inconnu et par machine à commander cerveau et voir notre vue image rétine œil… nous faire accuser nous tous sommes innocent de tout crime tort à autrui nous Jean Paule sommes innocents nous n’avons ni tué ni détruit ni porte du tort à autrui c’est la religion qui a inventé un procès avec des machines électroniques à commander le cerveau sommeil pensées maladies bêtes travail toutes fonctions du cerveau nous fait accuser de crimes que nous n’avons pas commis la preuve les papes s’appellent Jean XXIII au lieu de XXIV pour moi et Paul VI pour Paule l’Eglise a voulu inventer un procès et couvrir les maquis des voisins avec machine à commander le cerveau du monde et à voir la vue image de l’œil fait tuer les juifs à Hitler ont inventé"

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Rosa Larose 22/07/2007 18:21

Le blog "animula vagula, spécialisé dans l'art brut, montre en photos les conditions déplorables dans lesquelles cette fabuleuse oeuvre d'art brut est présentée devant l'hôpital. C'est un désastre!http://animulavagula.hautetfort.com/archive/2007/07/16/mise-en-boite-du-plancher-de-jeannot.html

Madame Kiltafleur 10/07/2007 20:06

La folie crée le trouble, le mépris, le rejet, la fascination, l'attraction...le plancher de Jeannot, exposé aux yeux du monde, est désormais à la portée de tous les inconscients...qu'en feront-ils ? Au de-là de ce plancher on apercevoit une serrure, une clef sur la porte de l'Humanité...pourquoi ne pas ouvrir cette porte, de quoi avons-nous peur ?