2010. P4P refait surface.
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L'histoire de l'équation :
E=MC²
La stratégie du choc
Des puces et des hommes
L'homme qui plantait des arbres
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Une émission proposée par André Velter |
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Une émission proposée par André Velter
Avec Pierre Dhainaut, à l'occasion de la sortie de Levées d'empreintes aux éditions Arfuyen :
Forte de quelque 30 ouvrages publiés depuis près de 40 ans, l’œuvre de Pierre Dhainaut, inaugurée avec Le poème commencé (Mercure de France, 1969) apparaît de plus en plus comme l’une des œuvres
majeures de la poésie française contemporaine). L’anthologie parue au Mercure de France en 1996, Dans la lumière inachevée, de même que le colloque qui lui a été consacré en 2007 à la Sorbonne,
confirment la rrichesse et l’originalité de cette démarche dont le raffinement et la discrétion, proches de celles d’un Philippe Jaccottet, s’accommodent mal des tambours et trompettes dont nos
oreilles sont pleines. Après Prières errantes (1990), Fragments et louanges (1993) et Introduction au large (2001) et Entrées en échanges (2005), Levées d’empreintes est le cinquième recueil de
Pierre Dhainaut que publie Arfuyen,
Avec Claude Guerre pour Grâce à Camden : poème, publié chez P. Mainard.
Claude Guerre, né à Avignon en 1948, a toujours défendu les auteurs vivants. Aussi bien dans les années 80, quand il fonde sa compagnie, qu’ensuite, au service de France Culture. Pendant quinze
ans, il a œuvré à la réalisation radiophonique des écritures contemporaines, notamment Les poétiques, conçues en collaboration avec André Velter. Claude Guerre a constitué autour de lui une
troupe de comédiens au service des textes et des poètes et créé plus de soixante spectacles de poésie.
Il est directeur de la Maison de la Poésie de Paris depuis mars 2006.
Réalisation : Patrick Molinier
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émission du jeudi 21 février 2008 Joseph Conrad (1857-1924) |
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Réalisation Céline Ters " La tâche que j'essaie de mener à bien consiste, par le pouvoir du mot écrit, à vous faire entendre, vous faire sentir – mais encore plus que tout vous faire voir." Joseph Conrad, artiste du regard. Et comment ne le serait-il pas, lui qui a passé 20 années de sa vie à scruter les vagues, les risées, les écueils et les vents ? À en mesurer les conséquences sur la vie des hommes rassemblés sur le microcosme d'un navire ? L'année de sa mort, en 1924, dans un texte intitulé "The Romance of Travels", qu'il écrit pour la revue Countries of the world, et repris dans le National Geographic Magazine , il souligne cette étrange coïncidence que la date de sa naissance correspondît avec la parution du livre de l'explorateur Sir Leopold Mac Clintock, Le voyage du Fox dans les mers arctiques, où se trouve relatée la tragique épopée de Sir John Franklin à bord de deux navires pris par les glaces. Il découvre, en lisant ce livre, enfant, " la nature profonde de sa propre individualité " ; le goût de la géographie, sa passion pour l'étude des cartes. Ces cartes où le centre de l'Afrique n'est encore qu'un grand blanc. Mais dans les blancs des cartes il inscrira son œuvre. Josef Teodor Konrad Korzeniowski, né à Berdichev, en Pologne ukrainienne, s'engage donc dans la marine marchande française à 17 ans, puis, ayant gravi les échelons jusqu'au grade de capitaine, il passe ses plus longues années de navigation dans la marine marchande anglaise ; mais secrètement, pendant les quatre dernières années de sa vie de marin, voyage avec lui et s'élabore lentement le manuscrit de son premier roman, La Folie Almayer. Il a 37 ans, et il va changer de vie.
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le jeudi de 10h à 11h |
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émission du jeudi 14 février 2008 Ovide (43 av. J.-C. - 17 après J.-C.) |
Réalisation Laetitia Coïa « Je serai lu par tous, reconnu à travers les siècles, et, si les pressentiments des poètes se réalisent, je vivrai » La postérité ne l’a pas démenti. Ovide a été, est encore, l’inspirateur des écrivains, des peintres, des musiciens. Étrange destin que celui de ce provincial à qui tout a réussi, ce mondain chéri des belles romaines, qui s’est mué en animal littéraire, compositeur du cycle mythologique le plus original de l’Antiquité, pour finir en un exil mystérieux. Né en 43 avant notre ère, cet enfant de la noblesse équestre voyait « tout ce qu’il écrivait se changer en vers ». Abandonnant une belle carrière, il devient très jeune le « poète des tendres jeux amoureux ». Les Amours, l’Art d’aimer en font un auteur à succès, compagnon des plus illustres poètes, protégé par les grands. Il invente même un genre, celui des lettres d’amour de personnages mythologiques, les Héroïdes. Mais il se veut, à sa manière, l’égal de Virgile, et compose alors, au début du nouveau siècle, un cycle réinterprétant toute la mythologie sous la figure de la métamorphose. Est-ce une atteinte à l’idéologie imposée par Auguste, toute de stabilité, de moralisme et de rigueur ? A-t-il trempé dans quelque complot ? Surpris quelque inavouable secret ? Toujours est-il qu’à peine séchée l’encre des Métamorphoses, il est relégué à Tomes, aux confins de l’empire, où il mourra après avoir écrit deux livres de lettres poignantes, inaugurant, pour toujours, la figure de l’écrivain exilé. Son destin et son œuvre inspireront du Moyen-âge à nos jours des écrivains du monde entier, depuis l’auteur anonyme de l’Ovide moralisé à Antonio Tabucchi, en passant par Le dernier des mondes Christoph Ransmayr, la jeune Yoko Tawada, qui explore dans les corps la transformation travaillée par la crise, ou Ted Hughes, qui relie la violence d’Auguste à celle de Shakespeare et de notre temps convulsé. Musiciens, peintres, tous, trouveront dans ses Métamorphoses un réservoir inépuisable d’épisodes où impermanence et transformation nourriront une conception baroque de l’art et du monde étonnamment contemporaine, mais qui faisait dire déjà à Montaigne « Le premier goût que j’eus aux livres, il me vint du plaisir des fables de la Métamorphose d’Ovide ».
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le dimanche de 23h30 à minuit |
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émission du dimanche 17 février 2008 Frédéric de Towarnicki / Georges Walter |
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Avec Georges Walter, préfacier de : Coplas sous occupation de Frédéric de Towarnicki (Éditions Mélis, 2008), poèmes dits par Claude Aufaure. Arrivé en France à l'âge de 5 ans, Frédéric de Towarnicki était né en Autriche en 1920, fils «d'une de ces beautés viennoises qui furent les grandes rivales des Hongroises et d'un aristocrate polonais balafré dans un duel d'honneur au début du siècle» (Georges Walter). Spécialiste de Heidegger, il avait publié en 1993 «Souvenirs d'un messager de Forêt-Noire», où il raconte sa rencontre en 1945 - alors qu'il est interprète et animateur du service social «Rhin et Danube», dans l'armée de De Lattre de Tassigny - avec celui dont la philosophie allait le transformer. Un recueil de ses poèmes de jeunesse vient de paraître sous le titre «Coplas sous Occupation» (Editions Melis, février 2007). |

Frédéric de Towarnicki et Heidegger.
Photo prise à Fribourg en 1945 par Alain Resnais
Le scénario d'un film (non réalisé) qu'il avait écrit pour Alain Resnais vient précisément d'être publié («les Aventures de Harry Dickson», éd. Capricci, 369 p., 35 euros), tandis qu'un recueil de ses poèmes - dont l'avant-propos et les bonnes feuilles sont à lire ici - est à paraître
le 15 février sous le titre «Coplas sous Occupation» (Editions Melis, 100 pages,10 euros). A l'annonce de sa mort, l'écrivain Georges Walter (2) a
accepté de nous parler de ce poète-philosophe, qui était son ami depuis l'adolescence.
BibliObs. - Frédéric de Towarnicki était-il heureux de la publication de ses poèmes de jeunesse?
Georges Walter. - Très heureux. Hospitalisé il y a quelques jours, à la suite d'une chute chez lui, il tenait à ce qu'on lui relise les poèmes - il était presque aveugle et ne
pouvait pas lire les épreuves lui-même. C'était un perfectionniste, qui bannissait banalités et platitudes de ses écrits. Moi-même, je lui ai toujours fait relire mes textes - et je relisais les
siens: il travaillait à l'oreille, comme un musicien, répétant la phrase jusqu'à ce qu'il trouve ce qui clochait. Il avait la merveilleuse faculté de détecter les défauts d'un texte. Frédéric de
Towarnicki avait un véritable don poétique. A 20 ans, c'était un dandy joueur de roulette russe, grand nageur - il nageait jusqu'à l'épuisement...
Il est mort un peu moins d'un mois avant la sortie de ce livre. Sans le vouloir, j'ai cette semaine, au cours d'une émission d'André Velter (1) consacrée à la sortie de «Coplas sous Occupation» parlé de lui au passé... Nous n'aurons pas à refaire l'enregistrement.
C'est curieux, mais il y a justement une certaine actualité Towarnicki en ce moment, puisqu'on vient également de publier, aux Editions Capricci, le scénario auquel il a travaillé durant dix ans: «les Aventures de Harry Dickson», un film que devait réaliser Alain Resnais et qui n'a jamais vu le jour.
Sa rencontre avec Heidegger, à qui il fut le premier à rendre visite dans l'Allemagne vaincue est le tournant majeur de sa vie. Il a d'ailleurs voulu organiser sous l'égide de De Lattre - il était alors animateur du service social «Rhin et Danube» - une rencontre entre Sartre et Heidegger. Elle n'a jamais eu lieu. Mais la découverte d'Heidegger a été pour lui un éblouissement philosophique, qui a fait passer la poésie au second plan. Dans les années 1960, il publiera le récit de cette rencontre sous le titre de «Souvenirs d'un messager de la Forêt-Noire».
BibliObs. - Frédéric de Towarnicki était aussi journaliste...
G. Walter. - Il a collaboré à de nombreux journaux, mais n'a jamais voulu s'attacher à aucun et a toujours vécu une vie hasardeuse d'un point de vue matériel. Il a travaillé au
Service de la recherche de la télévision française, dirigé par Pierre Shaeffer; réalisé des entretiens radiophoniques; écrit dans «l'Express», «le Magazine littéraire», etc., rencontrant pour
l'occasion de grands intellectuels tels que René Char, Bertolt Brecht, Louis Aragon, Max Ernst, Mircea Eliade... Il s'est également intéressé aux dissidents des pays de l'Est comme Sakharov, et
surtout Soljenitsyne: il avait publié, dans «le Figaro littéraire», le premier récit de sa détention. Il refusait cependant de faire œuvre personnelle, préférant ne pas ajouter une ligne au flot
des écrits contemporains.
Mais la grande affaire de sa vie, ce fut donc Heidegger. Je tiens à préciser que pour lui Heidegger n'était pas nazi, il n'avait pas adhéré aux idées nazies; Towarnicki a toujours défendu le philosophe, en consultant systématiquement les spécialistes de Heidegger que sont François Fédier et François Vezin avant de publier quoi que ce soit sur lui. Avec Jean Beaufret, ami de Heidegger, il a d'ailleurs publié en 1992 un livre d'entretiens.
BibliObs. - Un scénario de Towarnicki écrit pour Alain Resnais vient de sortir...
G. Walter. - C'est une universitaire américaine qui a déniché ce scénario. Adolescent, Towarnicki s'est passionné pour «les Aventures de Harry Dikson», qui étaient publiées en
petits fascicules de façon anonyme - le nom de l'auteur, Jean Ray n'a été connu que plus tard. Au début des années 1960, Towarnicki a commencé la rédaction d'un scénario qui s'inspirait de ces
aventures pour Alain Resnais. L'aventure, qui va devenir bien vite une épreuve, durera dix ans. Et le film ne se fera jamais.
Il y avait d'ailleurs des relations étranges entre Towarnicki, Resnais et le producteur Anatole Dauman: tous les trois ne se parlaient plus, c'est moi qui portais les nouvelles de l'un à l'autre... Ce film avorté est une histoire cruelle dans la vie de Towarnicki. Il nous reste heureusement ces très beaux dialogues, dont je conseille la lecture.
Propos recueillis par Sylvie Prioul
(1) L'émission « Poésie sur parole » d'André Velter consacrée aux poèmes de Towarnicki sera prochainenement diffusée sur France
Culture.
(2) Georges Walter publiera en février ses «Souvenirs curieux d'une espèce de Hongrois», aux Editions Tallandier.
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voir aussi
Heidegger - tous les documents
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