Heidegger — tous les documents

Publié le par Ritoyenne




"Nous ne parvenons jamais à des pensées. Elles viennent à nous."


lichtung.jpg

La question de l'être (7 vidéos)

Lectures audios de Hölderlin par Heidegger

Heidegger par Jean Beaufret (radio)

Interview de J.Beaufret : Heidegger et la science

Lévinas : retour sur Sein und Zeit

En découvrant l'existence avec Heidegger (Lévinas)

« Seul un dieu peut nous sauver. » — Jean-luc Nancy sur Heidegger

"Das Fragwürdige" : énigmatique Martin

La philosophie de Heidegger  par JP

Dasein et Fantasia - La philo de Heidegger (2) (F.Fédier)

Heidegger, une philosophie de l'amitié (F.Fédier)

Action/événement chez Heidegger - J.Capek (audio)

"Déconstruire la pensée heideggerienne" par J.Taminiaux

Françoise Dastur : la question de la différence

Heidegger by the BBC

Les phénoménologues de l'extrême (séminaire de G.Guest)

Etre et temps expliqué par G.Guest (séminaire II)

L'événement chez Heidegger - G.Guest III

L'art chez Husserl, Heidegger, Arendt et Lévinas J.Taminiaux

F.Fédier: entretiens sur Heidegger

Arendt muse de Heidegger? (P.David F.Vezin F.Fédier)

Antonio Machado à propos de Heidegger en 1936

Heidegger : le secret des traités impubliés (35-45)

Heidegger et la théologie : le dernier dieu (inédit)


Heidegger nazi? par F.Fédier et S.Zagdansky (vidéo)

L'affaire Heidegger close selon la revue "Esprit"

 

L'arbre en fleur (dans "qu'appelle-t-on penser ?")

 

Retrouvez ICI tous les documents 
de P4P concernant "le cas Heidegger" 
(la polémique : nazi ou pas nazi ?)
 
skildy-1.jpg 

La philosophie de Martin Heidegger


1/ Qui était Heidegger ?
Heidegger - la question de l'être.
Ce document vidéo a pour objet la vie et l'oeuvre de Martin Heidegger. Il aborde certaines des questions essentielles soulevées par le philosophe, tout au long de sa vie. Le document est en noir & blanc, en version originale allemande sous titrée en français ; y interviennent notamment Jean Beaufret, les parents de Martin et, biensûr, Martin lui-même !

2/ Heidegger par Jean Beaufret.
Entretien radio avec Jean Beaufret.
Jean Beaufret est considéré par beaucoup comme une des grandes figures de la philosophie contemporaine française. Il est célèbre notamment pour les liens d'amitié qu'il a tissés avec Martin Heidegger. Avant tout ami, et bien plus que son simple représentant en france, c'est autour de lui (et d'autres français) que s'est faite la reception tardive en France de la philosophie de Heidegger.
Dans cet entretien, Beaufret revient sur les grands thèmes de l'oeuvre de Heidegger : de la "différence ontologique" au "tournant" de Heidegger.

3/ Qui était Jean Beaufret ?
Hommage à Jean Beaufret, par François Fédier, pour le bi-centenaire du lycée Condorcet. (11/05/2004)
François Fédier est philosophe et ami du regretté Jean Beaufret. (Superbe document)
Première partie de la vidéo :
ICI.
Deuxième partie de la vidéo :
ICI.

4/ François Fédier : Heidegger, une philosophie de l'amitié.
Après la polémique, l'amitié : F.Fédier entreprend
dans son dernier livre de décrire la structure originellement amicale de l'existence humaine - la "voix de l'ami", comme on peut lire dans Etre et temps, que chacun entend toujours résonner en lui-même.

5/ La philosophie de Heidegger
Présentation de Heidegger par JP.
"Qu'est-ce donc que l'homme ? Celui qui se pose la question de l'être !"

6/ Dasein et fantasia : existence & espace imaginaire.
Extrait d'un cours de M. Fédier.
Disponible ici !

7/ Jean-Luc Nancy sur Martin Heidegger & François Fédier.
Fichier audio d'une conférence à propos de la réception de Heidegger.
"Martin Heidegger est présent aujourd'hui (...), nous appelant à penser ce qui importe."
Cette conf passionnante est dédiée à M. Derrida, mort quelques mois auparavant.

8/
Lévinas : retour sur Sein und Zeit (entretien vidéo) : Emmanuel Levinas effectue un retour sur la philosophie de Heidegger, sur Sein und Zeit, sur la différence ontologique, sur la phénoménologie, sur les influences de Sein und Zeit sur l'existentialisme, l'angoisse, l'être-à-la-mort, le néant, etc.

9/
Action/événement chez Heidegger - J.Capek (audio) : Perspective phénoménologique sur la distinction action/événement par Jacub Capek (univ. Charles, Prague) - intervention à l'ENS.

10/ Le séminaire de Gérard Guest sur le nihilisme européen :
Les phénoménologues de l'extrême (séminaire de G.Guest)

11/ "Déconstruction de la pensée heideggerienne" : conférence de J.Taminiaux sur la critique par Arendt de la philosophie politique heideggerienne et le rapport du discours de rectorat avec la République de Platon -La philosophie politique de Heidegger par J.Taminiaux


Extraits et citations de Heidegger :


L'être humain parle. Nous parlons éveillés ; nous parlons en rêve. Nous parlons sans cesse, même quand nous ne proférons aucune parole, et que nous ne faisons qu'écouter ou lire ; nous parlons même si, n'écoutant plus vraiment, ni ne lisant, nous nous adonnons à un travail, ou bien nous abandonnons à ne rien faire. Constamment nous parlons, d'une manière ou d'une autre. Nous parlons parce que parler nous est naturel. Cela ne provient pas d'une volonté de parler qui serait antérieure à la parole. On dit que l'homme possède la parole par nature. L'enseignement traditionnel veut que l'homme soit, à la différence de la plante et de la bête, le vivant capable de parole. Cette affirmation ne signifie pas seulement qu'à côté d'autres facultés, l'homme possède aussi celle de parler. Elle veut dire que c'est bien la parole qui rend l'homme capable d'être le vivant qu'il est en tant qu'homme. L'homme est homme en tant qu'il est celui qui parle.

HEIDEGGER
Acheminement vers la parole, p. 13

Les philosophes sont les penseurs. On les appelle ainsi, parce que c'est principalement dans la philosophie que la pensée déroule son histoire. Personne ne niera l'intérêt que la philosophie suscite aujourd'hui. Mais y a-t-il encore aujourd'hui quelque chose à quoi l'homme ne s'intéresse pas, nous voulons dire : de la façon dont on comprend de nos jours le mot "intéresser" ? Interesse veut dire : être entre et parmi les choses, se tenir au milieu d'une chose et y rester sans faiblir. Mais l' "intérêt" d'aujourd'hui ne connaît que l' "intéressant". Et "intéressant" veut dire : ce qui permet à l'objet en question de redevenir indifférent l'instant d'après et d'être remplacé par un autre qui nous concerne tout juste aussi peu que le premier. Aujourd'hui l'on estime souvent honorer beaucoup une chose en la jugeant "intéressante". En vérité, un pareil jugement abaisse la chose intéressante au niveau des indifférentes et il la repousse parmi celles qui bientôt seront ennuyeuses. Montrer de l'intérêt pour la philosophie ne témoigne nullement que l'on soit préparé à penser. Même le fait que, depuis de longues années, nous soyons ardents à étudier les traités et écrits des grands penseurs ne garantit pas que nous pensions ni que nous soyons seulement prêts à apprendre à penser. S'occuper de philosophie peut au contraire, de la façon la plus tenace, entretenir l'illusion que nous pensons, parce que, n'est-ce pas ? nous "philosophons".

HEIDEGGER
"Que veut dire Penser ?", in Essais & Conférences, tr. fr. Nrf, p. 154

Qu'est-ce que la technique moderne ? Elle aussi est un dévoilement. C'est seulement lorsque nous arrêtons notre regard sur ce trait fondamental que ce qu'il y a de nouveau dans la technique moderne se montre à nous.
      Le dévoilement, cependant, qui régit la technique moderne ne se déploie pas en une pro-duction au sens de la poiesis. Le dévoilement qui régit la technique moderne est une pro-vocation (Herausfordern) par laquelle la nature est mise en demeure de livrer une énergie qui puisse comme telle être extraite (herausgefordert) et accumulée. Mais ne peut-on en dire autant du vieux moulin à vent ? Non : ses ailes tournent bien au vent et sont livrées directement à son souffle. Mais si le moulin à vent met à notre disposition l'énergie de l'air en mouvement, ce n'est pas pour l'accumuler.
      Une région, au contraire, cet provoquée à l'extraction de charbon et de minerais. L'écorce terrestre se dévoile aujourd'hui comme bassin houiller, le sol comme entrepôt de minerais. Tout autre apparaît le champ que le paysan cultivait autrefois, alors que cultiver (bestellen) signifiait encore : entourer de haies et entourer de soins. Le travail du paysan ne pro-voque pas la terre cultivable. Quand il sème le grain, il confie la semence aux forces de croissance et il veille à ce qu'elle prospère. Dans l'intervalle, la culture des champs elle aussi, a été prise dans le mouvement aspirant d'un mode de culture (Bestellen) d'un autre genre, qui requiert (stellt) la nature. Il la requiert au sens de la provocation. L'agriculture est aujourd'hui une industrie d'alimentation motorisée. L'air est requis pour la fourniture d'azote, le sol pour celle de minerais, le minerai par exemple pour celle d'uranium, celui-ci pour celle d'énergie atomique, laquelle peut être libérée pour des fins de destruction ou pour une utilisation pacifique. [...]
      La centrale électrique est mise en place dans le Rhin. Elle le somme (stellt) de livrer sa pression hydraulique, qui somme à son tour les turbines de tourner. Ce mouvement fait tourner la machine dont le mécanisme produit le courant électrique, pour lequel la centrale régionale et son réseau sont commis aux fins de transmission. Dans le domaine de ces conséquences s'enchaînant l'une l'autre à partir de la mise en place de l'énergie électrique, le fleuve du Rhin apparaît, lui aussi, comme quelque chose de commis. La centrale n'est pas construite dans le courant du Rhin comme le vieux pont de bois qui depuis des siècles unit une rive à l'autre. C'est bien plutôt le fleuve qui est muré dans la centrale. Ce qu'il est aujourd'hui comme fleuve, à savoir fournisseur de pression hydraulique, il l'est de par l'essence de la centrale. [...] Mais le Rhin, répondra-t-on, demeure de toute façon le fleuve du paysage. Soit, mais comment le demeure-t-il ? Pas autrement que comme un objet pour lequel on passe une commande (bestellbar), l'objet d'une visite organisée par une agence de voyages, laquelle a constitué (bestellt) là-bas une industrie des vacances.

HEIDEGGER
"La question de la technique", in Essais et Conférences, Gallimard

Cette phrase : la science ne pense pas, qui a fait tant de bruit lorsque je l'ai prononcée, signifie : la science ne se meut pas dans la dimension de la philosophie. Mais, sans le savoir, elle se rattache à cette dimension.
      Par exemple : la physique se meut dans l'espace et le temps et le mouvement. La science en tant que science ne peut pas décider de ce qu'est le mouvement, l'espace, le temps. La science ne pense donc pas, elle ne peut même pas penser dans ce sens avec ses méthodes. Je ne peux pas dire, par exemple, avec les méthodes de la physique, ce qu'est la physique. Ce qu'est la physique, je ne peux que le penser à la manière d'une interrogation philosophique. La phrase : la science ne pense pas, n'est pas un reproche, mais c'est une simple constatation de la structure interne de la science : c'est le propre de son essence que, d'une part, elle dépend de ce que la philosophie pense, mais que, d'autre part, elle oublie elle-même et néglige ce qui exige là d'être pensé.

 

Mais comment a lieu la pro-duction, soit dans la nature, soit dans le métier ou dans l'art ? Qu'est-ce que le pro-duire, dans lequel joue le quadruple mode du faire-venir ? Le faire-venir concerne la présence de tout ce qui apparaît au sein du pro-duire. Le pro-duire fait passer de l'état caché à l'état non caché, il présente (bringt vor). Pro-duire (her-vorbringen) a lieu simplement pour autant que quelque chose de caché arrive dans le non-caché. Cette arrivée repose, et trouve son élan, dans ce que nous appelons le dévoilement. Les Grecs ont pour ce dernier le nom d'Alèthéia, que les Romains ont traduit par veritas. Nous autres Allemands disons Wahrheit (vérité) et l'entendons habituellement comme l'exactitude de la représentation.

HEIDEGGER
"La question de la technique", in Essais et Conférences,
Gallimard, coll. Tel, p. 17

La vie publique où prend place l'être-en-compagnie quotidien connaît la mort comme une rencontre qui se produit constamment, comme "cas de mort". Un tel, qu'il soit proche ou lointain, "meurt". Des inconnus "meurent" chaque jour à chaque heure. "La mort" se rencontre comme un événement bien connu qui se produit dans le monde. En tant que telle, elle se maintient dans l'insurprenance qui caractérise ce qui se rencontre quotidiennement. Le on s'est déjà assuré aussi pour cet événement d'une explication. Les propos tenus à son sujet, qu'ils soient clairement exprimés ou le plus souvent restreints à de "fugitives" allusions, reviennent à dire : on finit bien un jour par mourir mais pour le moment nous-on demeure à l'abri.
      L'analyse du mot "on meurt" révèle sans équivoque le genre d'être de l'être quotidien vers la mort. Celle-ci est entendue dans des propos de ce genre comme quelque chose de vague qui doit avant tout débarquer de quelque part mais dans l'immédiat n'est pas encore là-devant pour un individu donné et n'a donc rien de menaçant. Le "on meurt" répand l'opinion que la mort frappe, si l'on peut dire, le on. L'explication publique du Dasein dit : "on meurt" parce que tout un chacun et nous-on peut s'en convaincre : ce n'est chaque fois justement pas moi ; car ce on n'est Personne. Le "trépas" est ramené au niveau d'un événement qui frappe sans doute le Dasein mais ne concerne spécialement personne.
      S'il est un cas où l'équivoque est consubstantielle au on-dit, c'est bien dans cette façon de parler de la mort. Le trépas qui, sans délégation possible, est essentiellement à moi, est reconverti en un événement se produisant publiquement qui rencontre le on. La façon d'en parler qui a ce caractère parle de la mort comme d'un "cas" se produisant constamment. Elle le fait passer pour quelque chose de toujours déjà "réel" et en voile le caractère de possibilité ; elle voile donc par là même les moments qui en font partie et la rendent sans relation et indépassable. Grâce à ce genre d'équivoque, le Dasein s'expose à se perdre dans le on par rapport à un pouvoir-être insigne appartenant au soi-même le plus propre. Le on donne le droit de se dissimuler l'être vers la mort en ce qu'il a de plus propre ; et il augmente la tentation de se le dissimuler.

HEIDEGGER
Etre et Temps, Gallimard, pp 307-308

En usant des transports en commun ou des services d'information (des journaux par exemple), chacun est semblable à tout autre. Cet être-en-commun dissout complètement l'être-là * qui est mien dans le mode d'être d' "autrui", en telle sorte que les autres n'en disparaissent que davantage en ce qu'ils ont de distinct et d'expressément particulier. Cette situation d'indifférence et d'indistinction permet au "on" * de développer sa dictature caractéristique. Nous nous amusons, nous nous distrayons, comme on s'amuse ; nous lisons, nous voyons, nous jugeons de la littérature et de l'art, comme on voit et comme on juge ; et même nous nous écartons des "grandes foules" comme on s'en écarte ; nous trouvons "scandaleux" ce que l'on trouve scandaleux. Le "on" qui n'est personne de déterminé et qui est tout le monde, bien qu'il ne soit pas la somme de tous, prescrit à la réalité quotidienne son mode d'être.
      [...] Le "on" se mêle de tout, mais en réussissant toujours à se dérober si l'être-là est acculé à quelque décision. Cependant, comme il suggère en toute occasion le jugement à énoncer et la décision à prendre, il retire à l'être-là toute responsabilité concrète. Le "on" ne court aucun risque à permettre qu'en toute circonstance on ait recours à lui. Il peut aisément porter n'importe quelle responsabilité, puisque à travers lui personne jamais ne peut être interpellé. On peut toujours dire : on l'a voulu, mais on dira aussi bien que "personne" n'a rien voulu.

HEIDEGGER
L'Etre et le Temps, tr. fr.
Boehms & Waelhens, I:1, §. 27,
éd. Gallimard, pp. 159-160

 

Citations

L'Histoire est une projection dans le passé, de l'avenir que s'est choisi l'homme.

L'homme est "l'abri" dont ltre aurait lui-même besoin pour échapper à la détresse.

Aucune chose n'est, manque le mot.
- Le déploiement de la parole
La métaphysique est de fond en comble platonique.
- Introduction à la métaphysique
Dès qu'un homme est il est assez vieux pour mourir.
- L’être et le temps
Seuls les commencements sont beaux

Dès qu'une humain vient à la vie, il est déjà assez vieux pour mourir.
- L'être et le temps

Publié dans La philosophie en vie

Commenter cet article

Bobo 19/05/2007 20:26

Pour mettre un peu le bordel :http://www.sorbonne-podcast.com/fiche.php?n=32