Montaigne par Bernard Sève et C.-Sperber

Publié le par Ritoyenne



Montaigne, des règles pour l'esprit
avec Bernard Sève



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Questions d'éthique - réalisation de Luc Jean reynaud
Bernard Sève est professeur d'esthétique et de philosophie de l'art à l'Université Lille-S. Il est notamment l'auteur de La Question philosophique de l'existence de Dieu (PUF, 1994 et 2000) et de L'Altération musicale, ou Ce que la musique apprend au philosophe (Seuil, coll. « Poétique », 2002).

 
 
 

 
Bernard Sève
Montaigne. Des règles pour l'esprit
PUF. Collection Philosophie d'aujourd'hui - 27 novembre 2007
 

Montaigne est-il seulement un philosophe sceptique, comme on le pense généralement ? Il critique certes la raison, sa présomption, son impuissance. C'est le fameux « Que sais-je ? ». Mais la raison n'est pas la seule faculté intellectuelle, ni même la plus importante. Les Essais sont d'abord une extraordinaire enquête sur la puissance de l'esprit, que Montaigne distingue soigneusement de la raison. Livré à lui-même, l'esprit invente, croit, divague... En somme, il imagine, pour le meilleur (l'invention poétique) et pour le pire (le fanatisme religieux). Comment régler cette puissance fantasque ? Les coutumes, la sagesse du corps, l'« art de conférer » offrent des réponses. Mais il apparaît que le fond de l'esprit est « générosité », notion dont Montaigne mesure la féconde ambiguïté. L'éthique de la générosité limite le scepticisme. Elle permet l'action. Jusqu'à l'intransigeance, s'il le faut.


Montaigne : raison et imagination

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  les vendredis de la philosophie par François Noudelmann

Montaigne, encore : il ne fait pas l'actualité, pourtant il reste toujours d'actualité. Personne ne songerait à le prendre pour étendard, et il n'existe de pas de montaignisme comme il y a un spinozisme ou un kantisme. Cependant on revient régulièrement vers Montaigne, irréductible à tout dogme et à toute école. Ses Essais contiennent de multiples leçons de vie, sans que leur auteur nous fasse la leçon. Ses idées ne prétendent pas à l'éternité des concepts mais leur déroulement fantasque nous met au cœur de la pensée, de son devenir, de sa perméabilité aux changements.
Le moi qui pense est en effet sujet aux transformations de l'histoire, aux humeurs du corps, aux rencontres imprévues. Trois livres viennent de paraître sur Montaigne et le mettent en prise avec la philosophie contemporaine : ils dévoilent une pensée de la forme, une réflexion sur les genres sexuels, et une éthique de la générosité.

  Invités

 
Philippe Desan.  professeur à l'Université de Chicago

 
Lawrence D. Kritzman.  professeur à l’Université de Dartmouth, auteur d’un livre en anglais sur Montaigne et l’imagination

 
Bernard Seve.  professeur d'esthétique et de philosophie de l'art à l'Université Lille-S.



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Publié dans La philosophie en vie

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