Hegel et le végétal, impensé de la métaphysique

Publié le par jp




Séminaire
 La plante décapitée

  Emission diffusée le
> 20 Mars 2008
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S¿il est un impensé de la métaphysique, cette place est davantage occupée par le végétal que par l¿animal. Si l¿animal semble toujours rejeté hors humanité, c¿est parce qu¿il n¿aurait pas tout ce qui constitue un homme : la parole, l¿intelligence, la possibilité de faire un monde. Mais l¿animal reste tout de même proche de l¿homme, entrant au moins dans une opposition : l¿homme est avec, l¿animal sans. Mais la plante, elle, n¿entre même pas dans la paire d¿une opposition : l¿hétérogène.
Si l¿impensé d¿une chose est bien plus un demeurer-manquant de la chose elle-même, qu¿une défaillance de la pensée, il faudrait alors s¿enquérir de cette force d¿inquiétude de la plante, qui viendrait d¿un de ses traits relevé par Francis Ponge : « pas de tête ». Cette absence de tête inquiéterait la métaphysique comme discours du chef gardé sur l¿être. Cette décapitation fondamentale de la fleur, sa croissance par le milieu, sa manière de brouiller les distinctions, et sa dissémination feraient vaciller la métaphysique, soucieuse d¿une polarisation de l¿être sous un seul chef, d¿une orientation fléchée vers un horizon téléologique et d¿une maîtrise des barrières et filiations. Mais cette inquiétude est aussi une force, riche de possibilités nouvelles pour la pensée : l¿horizon recherché est une philosophie moderne de la Nature, élaborée sous l¿impulsion du végétal, selon ses aspects logique, physique, esthétique et politique.
Nous partirons de la philosophie de Hegel, de la section sur l¿organisme végétal de sa Philosophie de la Nature, pour cerner cette force d¿inquiétude de la plante. Pour Hegel, la plante apparaît vite comme la plus redoutable rivale, avec laquelle s¿engage un processus bifide de « rivalité mimétique » : elle est celle qu¿il s¿agit d¿abaisser, en la condamnant au perpétuel débord de soi, sans rassemblement en un soi, mais elle est en même temps celle qui ne cesse de revenir selon une fascination vive, qui configure par en-dessous tous les schèmes de pensée et d¿écriture : tout un style végétal chez Hegel.

Un séminaire donné par Thierry Marin.




voir aussi
Un article de Hegel : "Qui pense abstrait ?"

Publié dans La philosophie en vie

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EP 23/04/2008 13:30

queluqu'un sait-il ce que devient le site philosophie.sorbonne ?