Ovide : vie et oeuvre

Publié le par jp

Une vie, une oeuvre
par Matthieu Garrigou-Lagrange
le jeudi de 10h à 11h
  Une vie, une oeuvre



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émission du jeudi 14 février 2008
Ovide (43 av. J.-C. - 17 après J.-C.)

 
 

 
  Apollon et Daphné / Le Bernin
 © Galerie Borghese
par Alain Nicolas
Réalisation Laetitia Coïa

« Je serai lu par tous, reconnu à travers les siècles, et, si les pressentiments des poètes se réalisent, je vivrai »


La postérité ne l’a pas démenti. Ovide a été, est encore, l’inspirateur des écrivains, des peintres, des musiciens. Étrange destin que celui de ce provincial à qui tout a réussi, ce mondain chéri des belles romaines, qui s’est mué en animal littéraire, compositeur du cycle mythologique le plus original de l’Antiquité, pour finir en un exil mystérieux.

Né en 43 avant notre ère, cet enfant de la noblesse équestre voyait « tout ce qu’il écrivait se changer en vers ». Abandonnant une belle carrière, il devient très jeune le « poète des tendres jeux amoureux ». Les Amours, l’Art d’aimer en font un auteur à succès, compagnon des plus illustres poètes, protégé par les grands. Il invente même un genre, celui des lettres d’amour de personnages mythologiques, les Héroïdes. Mais il se veut, à sa manière, l’égal de Virgile, et compose alors, au début du nouveau siècle, un cycle réinterprétant toute la mythologie sous la figure de la métamorphose. Est-ce une atteinte à l’idéologie imposée par Auguste, toute de stabilité, de moralisme et de rigueur ? A-t-il trempé dans quelque complot ? Surpris quelque inavouable secret ? Toujours est-il qu’à peine séchée l’encre des Métamorphoses, il est relégué à Tomes, aux confins de l’empire, où il mourra après avoir écrit deux livres de lettres poignantes, inaugurant, pour toujours, la figure de l’écrivain exilé.

Son destin et son œuvre inspireront du Moyen-âge à nos jours des écrivains du monde entier, depuis l’auteur anonyme de l’Ovide moralisé à Antonio Tabucchi, en passant par Le dernier des mondes Christoph Ransmayr, la jeune Yoko Tawada, qui explore dans les corps la transformation travaillée par la crise, ou Ted Hughes, qui relie la violence d’Auguste à celle de Shakespeare et de notre temps convulsé. Musiciens, peintres, tous, trouveront dans ses Métamorphoses un réservoir inépuisable d’épisodes où impermanence et transformation nourriront une conception baroque de l’art et du monde étonnamment contemporaine, mais qui faisait dire déjà à Montaigne « Le premier goût que j’eus aux livres, il me vint du plaisir des fables de la Métamorphose d’Ovide ».

  Invités

 
Danièle Robert.  Écrivain, traductrice des Œuvres d'Ovide aux éditions Actes Sud

 
Christine Montalbetti.  Romancière, maître de conférences à l'université de Paris VIII Vincennes

 
Jean-Pierre Lefèbvre.  Professeur à l'École Normale Supérieure, traducteur

 
Jean-Yves Tilliette.  Professeur à l'université de Genève

 
François-Xavier Szymczak.  Producteur à France-Musiques


  Programmation musicale

 
Carl Ditter Von Dittersdorf.  Symphonie n° 6. 

 
Carl Nielsen.  Pan et Syrinx. 

 
Patricia Barber.  Narcissus. 

 
Marc Antoine Charpentier.  Actéon. 

 
Richard Strauss.  Les Métamorphoses. 

 
Pierre Schaeffer & Pierre Henry.  Orphée. 

 
Jacques Offenbach.  Orphée aux enfers. 

 
Benjamin Britten.  Les métamorphoses. 

 
Karol Szymanowski.  La fontaine d'Arétuve. 

 
Francesco Cavalli.  La Calisto. 

 
Francis Poulenc.  Les mamelles de Tiresias. 

 
Les Frères Jacques.  Echo et Narcisse. 

Publié dans Poésie

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