Aristote et le théâtre occidental

Publié le par JP


Les vendredis de la philosophie
par François Noudelmann
le vendredi de 10h à 11h
  Vendredis de la philosophie (les)

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émission du vendredi 14 décembre 2007
Aristote a-t-il vampirisé le théâtre occidental?

 

  Par François Noudelmann
Réalisation: Clotilde Pivin

Dans l'histoire de la philosophie, le discours inspiré sur la tragédie grecque est un genre consacré. Hegel, Nietzsche et Freud, ont été fascinés par les vérités métaphysiques mises en scène par Eschyle, Sophocle et Euripide. Au XXe siècle c'est la teneur politique qui a été largement valorisée, comme si la scène grecque représentait des problèmes démocratiques dont la leçon vaudrait pour notre époque.
Et si tous ces beaux discours ne reposaient sur aucune réalité historique? S'ils ne provenaient que d'un commentaire ressassé de la Poétique d'Aristote? Une anthropologie plus rigoureuse montre en effet que la tragédie grecque recouvre des pratiques bien différentes. Plus grave encore, cette vision de l'Antiquité a peut-être privé le théâtre occidental d'autres ressources spectaculaires.

  Invités

 
Florence Dupont.  professeur à l'université de Paris 7

 
David Géry.  metteur en scène de L'Orestie d'Eschyle au Théâtre de la Commune à Aubervilliers

 
François Regnault.  maître de conférences à l'université de Paris 8
 
     
 


           
des livres à découvrir
 

 
 

 
Florence Dupont
Aristote ou Le vampire du théâtre occidental
Aubier - 9 octobre 2007
 

Ce livre voudrait libérer les scènes et les esprits. Libérer le théâtre occidental, qu'Aristote vampirise depuis près de 2 500 ans.

En son temps, la Poétique fut une machine de guerre contre le théâtre traditionnel. Aristote inventait un théâtre littéraire, élitiste, austère, sans corps ni musique ni dieu : un théâtre de lecteurs.

L'idéologie aristotélicienne est plus que jamais présente dans notre théâtre contemporain - souvenons-nous du festival d'Avignon 2005 et des polémiques autour d'Olivier Py et Jan Fabre. Cette idéologie est partout : dans le texte sacralisé, « tout le texte, rien que le texte », dans le récit, surnommé « fable » depuis Brecht, et placé au centre de tout, dans la mise en scène elle-même et la dramaturgie, inventions pourtant récentes. Ainsi, public, metteur en scène et dramaturge se trouvent aujourd'hui réduits à n'être plus que les lecteurs d'une histoire.

Aristote a déthéâtralisé, désenchanté le théâtre. Libérer la scène contemporaine, c'est redécouvrir les théâtres ritualisés, ludiques, musicaux. L'aristotélisme moderne a commencé à s'installer avec Goldoni et le siècle des Lumières, au cri de « Dehors les Bouffons ! ». Ce livre voudrait contribuer au retour des bouffons.

- 4e de couverture -

 
 

 
François Regnault
Théâtre-équinoxes, volume 1
Actes sud - 2001
 

Dans ce premier volume, Théâtre - Equinoxes, François Regnault se livre à quelques arguments philosophiques sur l'essence du théâtre, l'art du comédien, la fonction de "dramaturge". Il insiste pour distinguer l'usage de l'allégorie, qu'il prône, de celui de l'utopie, qu'il réprouve. Il tire une grande partie de son inspiration théorique de la psychanalyse - celle de Lacan, mais aussi bien celle de Freud. L'auteur développe des considérations politiques sur l'idéologie du service public, sur la critique de théâtre. Il aborde également des questions posées par l'espace scénique et le vers alexandrin. Ecrits tous de circonstance et d'occasion, les articles recueillis ici se révèlent vite comme autant de fictions (théoriques).
-4e de couverture-

 
 

 
François Regnault
Théâtre-solstices, volume 2
Actes sud - 2002
 

Après Théâtre - Equinoxes (Actes Sud, 2001), où François Regnault abordait le théâtre à partir d'analyses générales, de concepts spécifiques, de réflexions politiques, voici Théâtre - Solstices, entièrement consacré à des femmes ou à des hommes de théâtre, à des metteurs en scène, à des acteurs, à des œuvres théâtrales, à des représentations singulières. Equinoxes vise le théâtre tel qu'il se pense, Solstices, le théâtre tel qu'il se fait, ou comme on l'écrit. Equinoxes regarde l'éternité du théâtre, Solstices, son caractère éphémère.
-4e de couverture-

Publié dans La philosophie en vie

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