Compte rendu de l'AG de la Sorbonne, lundi 26 novembre.

Publié le par Ritoyenne

En attendant que tombent les infos sur ce qui s'est passé toute la journée d'aujourd'hui (mardi) en Sorbonne (AG des profs de Paris1 en amphi. Lefebvre, blocage & occupation de 7h à 18h), voici un compte-rendu de l'AG d'hier lundi 26 novembre, trouvé sur le forum "jeunes en lutte".


"AG du 26 novembre


Ce qui a été voté :

- Le trajet de la manifestation de jeudi, avec un départ de la Sorbonne pour aller au ministère.
- Le vote impératif pour les représentants à la coordination francilienne
- Les 5 représentants élus sont : Lester, Sébastien, Sarah, Mélanie, Sébastien
- Le principe d'une journée banalisée organisée avec l'aide des professeurs
- L'appel à faire venir les professeurs sur les piquets de grève
- L'adoption du texte/appel inter-professionnel

- La grève (avec piquets)
- Le blocage, 230 à 125 pour les pros-blocage
- Le vote sur l'occupation immédiate, qui n'est pas vraiment un vote, mais plutôt un test pour voir qui est prêt à rester.

Ce qui a été rejeté :

- La présentation de la carte d'étudiants lors des votes


de 12h30 à 16h15
26 novembre, une AG d'exception.
Un récit subjectif et fatigué.


Tout commence bien, sous de bons hospices bordéliques, et enfin sur le retour de nos amis et trublions de droite. Laurène brille au firmament des stars de la droite universitaire quand elle nous apprend ainsi que l'on va devoir "apprendre à perdre" avec un sourire angélique et un sac patate vissé sous le bras, comme pour partir très vite ensuite à une course de lévriers (pour y assister je précise).

L'AG a été longue, l'AG a été pleine de rebondissements, d'agressivité, d'insultes et de réflexions courtes. On est même passé prêt d'une baston. Alors que pour la première fois de son histoire celle-ci s'apprêtait à durer moins de 3h, exploit rendu possible par l'excellence de la tribune, un rebondissement inattendu l'a rallongé. Non décidément on ne pouvait pas se quitter comme ça, et une heure de plus était un minimum, exploit rendu possible par l'excellence de la tribune.

Grâce à l'arrivée tonitruante de nouveaux dans l'amphithéâtre, le drame commence : faut-il voter dans ces conditions, faut-il accepter que des lâches qui n'ont pas suivi 3h de débat puissent voter de la même façon que les figures exténuées et les têtes lourdes des participants assidus ? Faut-il accepter des gens qui n'ont pas entendu Laurène ? Ni nos deux chargés de TD, qui ont omis d'expliquer que le principal problème pour eux en cas de blocage est de ne pas être payé ?
Et surtout des étudiants qui n'ont pas entendu le merveilleux discours à coup de "Sarkobush" ?

Saluons à ce moment la tribune, envahie par les participants, pendant que la salle se remplit rapidement, jusqu'à être pleine comme jamais. La tribune a menacé de démissionner, de ne rien voter, pour finalement jouer la carte de la provocation, et du bureaucratisme d'élite. Et c'était de bonne guerre face aux insultes limites, et aux hurlements de porcs de certains anti-blocages (notez quand même qu'on faisait plus de bruit qu'eux, pas question de se faire distancer).

Mais évidemment ça n'a pas créé le silence, au contraire, ni le calme et la concorde, au contraire on attendait juste l'étincelle pour mettre le feu à un amphi de plus en plus conflictuel. A ce moment là, tout est bordélique, il est un peu plus de 15h, et une bonne âme propose de relancer le débat.
Idée lumineuse accueillie à coup de hurlements, après 3h de débat la plupart du temps chiant et agressif - avec quelques moments intéressants comme la participation des professeurs, chargés de TD exceptés - c'était prévisible. A la place, le même va s'asseoir, à la tribune, pour lire la loi, et (sic) "discuter de chaque article". Pendant que la tribune est envahie, que ça se touche, s'invective, et s'interpelle, que l'assemblée parle et s'engueule elle-aussi bruyamment; la vision de ce petit bonhomme à lunettes et à barbe, assis tranquillement à lire et à ne même pas essayer de couvrir le raffut est quelque peu surréaliste.
Mais dans ce genre de moment c'est le graal de l'AG, le moment qu'on voudrait filmer, le face à face tant attendu entre bloqueurs noyautés par l'extrême gauche, et anti-bloqueurs pris en otages peut toujours déraper, et excite tout le monde.

Nathan, délicat petit bonhomme qui sera quand même le seul à attendre le silence, avec un air suffisant que même Alain Renaut n'aurait pas osé, mais qui aurait plu à Laurène. Ce petit bonhomme dont la manière de tenir le micro trahit tout l'engagement politique (ne me demandez pas pourquoi) va vouloir se présenter à la coordination francilienne, malgré le mandat impératif et son obligation de voter sans marge de manoeuvre blocages, manifestations, actions et trajets de manifestations.
C'est ce que j'ai appelé le paradoxe de Josué, du nom d'un autre anti-bloqueur - tout sauf con, qui sera mis à bout par le déroulement du vote (il est vrai magnifiquement dosé, d'une lenteur aussi frustrante qu'une craie sur un tableau pour les nouveaux venus, les anciens étant habitués). Il argumentera longtemps pour pouvoir se présenter et aller à la coordination, malgré l'absurdité.
Nathan se ramasse pour la coordination, mais lancera les bras en signe de victoire et de dédain mal placé, en revenant dans la travée, en direction de ses amis. Heureusement, il pourra se défouler en insultant la tribune.

Sans élection, la tribune change, et devient obsédée par les flashs et appareils photos, mais fait voter. Et le plus important en dernier évidemment, ce qui d'habitude est horripilant, mais prend une saveur particulière quand on entend de derrière les hurlements de surprise et d'hallucination des contres. Pour une fois que ça sert...

Et au final ? 230 - 125, et c'est bien par gentillesse et par juridisme qu'on a compté les contres. On a été sympa, on en a fait participer un pour le compte. Sans rancune. Love to dem.
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Publié dans Mouvements étudiants

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EP 28/11/2007 09:09

On notera aussi que ce compte rendu passe sous silence l'intervention de cet étudiants africain qui est venu à la tribune pour dire qu'il était venu en France pour étudier, qu'il voulait travailler, qu'il avait besoin que la fac soit ouverte pour qu'on traite son dossier de bourse dont il a besoin pour payer son loyer. Il fut hué et traité de tous les noms par les militants petits blancs de la LCR. C'était digne d'un rassemblement du FNJ.

EP 28/11/2007 08:51

Et l'AG a ensuite tenté d'occuper la Sorbonne, avant d'être expulsée, comme d'habitude. Par ailleurs, la méthode des piquets de grève a reussi une chose : déplacer le débat de la loi vers le bloquage lui-même.Le blocage est sans doute une des causes de l'echec de ce mouvement. Car ne nous leurrons pas, ce mouvement est un echec, il suffit de voir le peu de monde que rassemble les manifestations. Manifestement, la loi ne sera pas abrogée, Valérie Pécresse négociera seulement quelques éléments de budget avec l'UNEF.Toutes ces heures de cours et de travail perdues pour rien...