Extrait

Publié le par Ritoyenne

« Etre et temps » désigne, dans une méditation de ce genre, non pas un livre, mais ce qui est proposé comme tâche (das Aufgegeben). Il faut entendre par là : Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c’est-à-dire comme tâche proposée, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner (fragend). Savoir questionner signifie : savoir attendre, même toute une vie. Une époque toutefois, pour laquelle n’est réel que ce qui va vite, se laisse saisir des deux mains, tient le questionner pour « étranger à la réalité », pour quelque chose « qui ne paie pas ». Mais ce n’est pas le chiffre qui est essentiel, c’est le temps convenable et la persévérance convenable.

Heidegger, intro. à la métaphysique

Publié dans Extraits & citations

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oyseaulx, avec les contributions de la sourys papivore 04/11/2007 17:16

Erreur de morphologie ; il faut écrire : « das Aufgegebene », avec e final ; il s'agit d'un participe passif (d'un verbe aufgeben, « donner pour tâche » ; se dit, par exemple, d'un devoir donné par un professeur ; « un devoir » se dit : eine Aufgabe) participe, ici, substantivé qui prend obligatoirement un e final, si l'on cite le mot au nominatif singulier et qu'il est précédé de l'article défini, comme c'est le cas ; dans le cas contraire, il faudrait écrire : « ein Aufgegebenes », c'est-à-dire : « une chose qu'on propose comme tâche ». Au génitif et au datif singuliers, on mettra la désinence -en : des Aufgegebenen ; dem Aufgegebenen. A noter que, dans ces deux derniers cas, d'un point de vue strictement grammatical, il y a ambiguïté quant à savoir s'il s'agit d'un masculin ou d'un neutre, ambiguïté qui n'a pas lieu au nominatif, où les deux genres se distinguent par l'article (du moins l'article défini ; dans le cas contraire, la différence est marquée par la désinence : ein Aufgegebener, ein Aufgegebenes), ni à l'accusatif, où ils se distinguent à la fois par l'article et par la désinence. Par ailleurs, le même verbe a aussi le sens de « renoncer à » ; on aurait à faire, si l'on retenait cette acception, qui semble peu vraisemblable ici, à « quelque chose à quoi l'on aurait renoncé », « une tâche qu'on aurait renoncé à accomplir ». Ainsi, « ein Aufgegebener » pourrait désigner un malade dans un état désespéré ; j'écris : « pourrait », car je pense que cela ne se dirait guère, en fait.