Lecture du "dieu est mort" de Nietzsche.

Publié le par Ritoyenne

Lecture, par Olivier Gaiffe, d'un fameux passage de Nietzsche. (Gai savoir, III, §125).







Voir aussi : 
Lecture du prologue de Zarathoustra
Faire face au nihilisme : Nietzsche et P.Legendre
« Seul un dieu peut nous sauver. » — Jean-luc Nancy sur Heidegger
Vous retrouverez nos autres documents sur Nietzsche en cliquant ici.

Publié dans La philosophie en vie

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malcolm 13/04/2008 22:44

"Dieu et tout ce que cette croyance suppose, Dieu et tout ce qu'Il soutient en tant que pilier moral, en tant que source et garant de valeurs", ce Dieu-là est mort (et il reste mort!): et ils'agit de comprendre et d'assumer cette mort (qui est d'ailleurs un meurtre fatal!)Tel Diogène se promenant en plein midi avec sa lanternepour stigmatiser l'absence d'homme(véritable)et se moquer des prétendus hommes de sagesse d'Athènes, l'Insensé de Nietzsche veut faire réaliser aux moqueurs -- qui pourtant (et pareillement que les Sages d'Athènes)se croient avant-gardistes, pour avoir dépassé ce stade d'immaturité et s'être réveillés de cette douce illusion infantile -- qu'ils sont loin d'être à la hauteur d'un tel fait (pour cela,"Il leur faudra peut-être devenir eux-mêmes des Dieux").Plus précisément, on éteint pas le soleil impunément, quoique fatalement! : l'Insensé le sait et c'est pourquoi il est si angoissé et c'est pourquoi il trimballe cette lanterne... C'est qu'il faut une nouvelle lumière, un nouveau soleil... de nouvelles valeurs, et ça : les moqueurs ne le savent pas encore : ils sont encore à un stade d'immaturité grossière(eux qui se croyaient avant-gardistes et se payaient le luxe de la moquerie), et il leur faudra du temps pour être en phase avec la résonance de ce haut fait (le plus important dans l'histoire de l'humanité, celui qui met l'homme face à lui-même sans intermédiaire, sans support mystique, en tant que générateur et régulateur de lui-même, de son monde!)Nietzsche dans sa lucidité géniale avait par ailleurs prédit, non sans effroi, que l'Europe allait sombrer dans un nihilisme de type bouddhique (chute fatale consécutive à la pourriture de Dieu(Oui,oui, les Dieux aussi se putréfient!) i.e. comme impasse au discrédit de la croyance christiano-morale...Mais pour une fois permettons-nous une folie (pourquoi pas?), l'audace d'aller plus loin que  cette prophétie du divin Nietzsche : Quand on regarde ce qui se passe, quand on anticipe le dénouement de l'agonie pestilentielle de cette humanité bovine et sénile, on ressent plus que jamais l'urgence de quelque chose, peut-être pas la faible lueur de la lanterne de l'Insensé,  mais plutôt ce qu'il annonça ce midi-là : on pressent indistinctement, mais non sans ardeur, les bouleversements chaotiques qui doivent labourer cette humanité pour en faire germer quelque chose de plus plein, de plus fort, de plus dyonisiaque : peut-être de nouveaux Dieux ?, peut-être de nouveaux Hommes !!

malcolm 13/04/2008 20:49

"Dieu et tout ce que cette croyance présuppose, Dieu et tout ce qu'Il soutient en tant que pilier moral, en tant que source et garant de valeurs", ce Dieu-là est mort (et il reste mort!): et ils'agit de comprendre et d'assumer cette mort (qui est, en fait, un meurtre fatal!)Tel Diogène se promenant en plein midi avec sa lanternepour stigmatiser l'absence d'homme(véritable)et se moquer des prétendus hommes de sagesse d'Athènes, l'Insensé de Nietzsche veut faire réaliser aux moqueurs -- qui pourtant (et pareillement que les Sages d'Athènes)se croient avant-gardistes, pour avoir dépassé ce stade d'immaturité et s'être réveillés de cette douce illusion infantile -- qu'ils sont loin d'être à la hauteur d'un tel fait (pour cela,"Il leur faudra peut-être devenir eux-mêmes des Dieux").Plus précisément, on éteint pas le soleil impunément, quoique fatalement! : l'Insensé le sait et sait pourqoui il se balade avec sa lanterne... C'est qu'il faut une nouvelle lumière, un nouveau soleil... de nouvelles valeurs, et ça : les moqueurs ne le savent pas encore;ils sont encore à un stade d'immaturité grossière(eux qui se croyaient avant-gardistes et se payaient le luxe de la moquerie), et il leur faudra du temps pour être en phase avec la résonance de ce haut fait (le plus important dans l'histoire de l'humanité, celui qui met l'homme face à lui-même sans intermédiaire, sans support mystique, en tant que générateur et régulateur de lui-même, de son monde!)Nietzsche dans sa lucidité géniale avait par ailleurs prédit, non sans effroi, que l'Europe allait sombrer dans un nihiliste de type bouddhique (chute fatale consécutive à la pourriture de Dieu(Oui,oui, les Dieux aussi se putréfient!) i.e. comme impasse au discrédit de la croyance christiano-morale...Mais pour une fois permettons-nous une folie (pourquoi pas?), l'audace d'aller plus loin que  cette prophétie du divin Nietzsche : Quand on regarde ce qui se passe, quand on anticipe le dénouement de l'agonie pestilentielle de cette humanité bovine et sénile, on ressent plus que jamais l'urgence de quelque chose, peut-être pas la faible lueur de la lanterne de l'Insensé,  mais plutôt ce qu'il annonça ce midi-là : on pressent indistinctement, mais non sans ardeur, les boulversements chaotiques qui doivent labourer cette humanité pour en faire germer quelque chose de plus plein, de plus fort, de plus dyonisiaque : peut-être de nouveaux Dieux ?, peut-être de nouveaux Hommes !!

Lionel Duvoy 10/10/2007 16:31

Sauf l'immense respect que j'ai pour Mr Bel, le dieu de Nietzsche n'est pas réduit au concept : Dieu est mort, en tant que suppôt de la moralité qui s'est délitée sous l'effet de l'expansion des forces du progrès. Dieu, en tant que "support" est mort : qu'il vive désormais en tant que ce qu'Il est... Dionysos n'en est-il pas désormais l'image la plus appropriée ? Je vous renvoie, Mr Bel, au rapprochement opéré par Charbonneau-Lassay dans son Bestiaire du Christ entre la panthère de Dionysos et le Christ au tombeau.

bel 09/10/2007 13:18

Hélas! une belle lecture n'est pas forcément une bonne lecture. La confusion nietzschéenne entre la réalité de dieu et le concept de dieu est une aberration. Sauf à considérer que dieu n'est qu'un concept. mais alors on ne tue pas un concept , on change une croyance. Lorsque dieu sera mort, vous me ferez signe. mais il ya plus grave que l'aberration de Nietzsche, c'est la volonté stupide de vouloir devenir dieu qu'Heidegger a reprise à son compte."Si dieu m'était compté,..." dit Heidegger. Et dieu lui fut décompté. La faillite historiale était prévisible. Un peu de jugeotte lui aurait permis de faire l'économie de 50 millions de morts. Seulement la jugeotte , c'était ce qui lui manquait. Dès 1916 il écrivait à Elfriede qu'il fallait rejeter la raison.,ce qu'il fit tout au long de sa vie. Oh ! la la ! Quel grand "philosophe"!  "La pensée ne commencera que lorsque nous aurons appris que cette chose tant magnifiée depuis des siècles, la raison, est l'ennemi le plus acharné de la pensée". (Heidegger, Commentaire du "mot de Nietzsche "Dieu est mort". Chemins qui  mènent au chantier d'abattage dans la forêt ("Holzwege") Cours de 1943.On sait ce qu'a été le lieu d'abattage en 1943: "Jezt, komme Feuer!" (Der Ister, 1943).Suive le forcené qui veut, mais attention au  retour des coups de bâton. Quand on abandonne la raison on risque de se retrouver victime des passions les plus sordides, celle de l'abattage notamment, qu'Heidegger nomme la passion de l'extermination pour satisfaire l'appétit immodéré de volonté de puissance. "Ne sommes-nous pas forcés de devenir nous-mêmes des dieux? Il n'y eut jamais d'acte plus grandiose". On a vu à quoi conduisait cette illusion passionnelle génocidaire pour préserver la grandeur acquise par la volonté de puissance. appelée art par euphémisme. Mais quand ouvrirons-nous donc les yeux pour pouvoir comprendre enfin que c'est Heidegger nietzschéisé qui a créé et dirigé le nazisme. Ah! Il nous en faut du temps! Aveuglés au point de traiter les gens lucides de stupides. mais c'est ainsi. La vérité ne naît que malgré, disait Nietzche dans ses moments de lucidité. Malheureusement la lucidité n'était pas toujours son fort. Il avait aussi ses faiblesses, ses grandes faiblesses! C'est 'humain, bien trop humain!"michel bel

Ritoyenne 04/10/2007 07:19

"To be and not to be" ? :) (ouais j'ai jeté un oeil à ton site)