Vivre sous le IIIe Reich (V.Klemperer "La langue ne ment pas")

Publié le par jp

Une plongée dans la vie quotidienne sous le totalitarisme nazi ; 

on pense à 1984 d'Orwell et à sa "novlangue" (le "newspeak").

LA LANGUE NE MENT PAS

FILM TIRE DU JOURNAL ÉCRIT SOUS LE III ÈME REICH PAR V.KLEMPERER

Ce documentaire (dégotté par Ritoyenne - merci à lui, une fois de plus!) prend place dans "le cas Heidegger" car l'analyse du langage nazi par le philologue juif Viktor Klemperer rappelle celles que l'on trouve implicitement à la même époque dans les cours de Heidegger. On comprend en se remettant dans ce contexte pourquoi les étudiants de ce dernier ont témoigné de sa résistance au nazisme, au point que parfois ils en étaient effrayés (voir Heidegger contre le nazisme). Nous ne nous en rendons plus compte car il faut pour cela avoir vécu dans l'atmosphère totalitaire. On peut lire pour cela 1984 d'Orwell, avec Bigbrother, le "Grand frère" qui vous veut du bien, "watching you". C'est une telle immersion dans le totalitarisme que permet le documentaire suivant. Klemperer explique dans son journal que l'oppression mentale totalitaire est faite de "piqures de moustiques et non de grands coups sur la tête". De même la résistance de Heidegger n'était pas faite d'impossibles coups d'éclats, mais répondait au jour le jour, in medias res à la propagande nazie en en reprenant parfois le vocabulaire, ce qui a causé les quiproquos que l'on sait (et dont le plus grand et le plus incompréhensible est le livre d'E.Faye) après la guerre, mais certainement pas à l'époque comme en témoignent avec force les étudiants. Les cours de Heidegger peuvent ainsi être lus comme des actes de résistance à la récupération des notions philosophiques par la langue nazie, ce mélange "de Novalis et de Barnum" comme écrit Klemperer.

1/4


Les nazis affectionnaient les termes organiques, et l'idée d'organisation en politique était alors critiquée par Heidegger.

2/4

Les nazis parlent à tout propos de Erleben (expérience vécue) et de Weltanschauung (conception du monde). Or ces notions sont très violemment critiquées par Heidegger lors de ses cours à la même époque, notemment dans "L'époque des conceptions du monde" (1938) où on peut lire en conclusion : "les pénibles ramassis de choses aussi insensées que les philosophies national-socialistes".

3/4

"Hitler c'est le barnum de l'enfer" : l'aspect complètement ridicule et clownesque du nazisme est aussi relevé par Arendt et par Céline.

4/4




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Publié dans Le "cas Heidegger".

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