Drôle de guerre

Publié le par Ritoyenne

La France est horriblement divisée & ça va aller en s'empirant.
Des mois de Sarkozy ne pourront aboutir qu'à deux choses, soit à une hausse des violences & des désobéissances civiles (civiques), entraînant une hause des mesures et des lois sécuritaires, soit à une accumulation de frustrations chez une importante part de la population. En tous les cas, les jours qui se lèvent s'annoncent sanglants, d'une façon ou d'une autre tout ceci aboutira à une tragédie, à un massacre.

Etudiants, ne nous-y trompons pas : les réformes passeront avec ou sans notre accord. Donc autant ne pas le donner. Tolbiac "la rouge" entame, au lendemain de l'élection de M. Sarkozy, le ballet des AG & sera peut-être suivie de quelques-unes des grandes facs parisiennes. Des AG par-ci par-là qui n'aboutiront qu'à quelques jours de blocage, des "pauvres étudiants" s'afficheront dans les JT comme "victimes du blocage décidé par une minorité". Conséquence directe : les JT aidant, la population non-étudiante va se retourner contre le mouvement étudiant qui s'ammorce, et ce dernier sera mort-né
— comme d'hab.

Donc les arrestations massives qui ont lieu aujourd'hui passeront pour "normales". Les jugements exemplaires pourront se dérouler avec l'accord de la masse : 2 mois fermes par-ci, 4 mois fermes par-là, une amende dans ton cul d'un coté, des TIG dans tes dents de l'autre. Le tout pour outrage à agent, ou autre, on s'en fout, du moment que ça passe. De ça découle directement la mort pré-programmée d'un quelconque mouvement : la majorité des protestataires n'osera pas risquer de la taule. Tout mouvement sera encadré, et le moindre pet de travers sera sanctionné. Ainsi se réalise le :
"Les gauchos, je les écrase avec le pied gauche, ça porte bonheur.".

Ce qui arrive en ce moment, les étudiant le connaissent. C'est classique
— on connait le coup :

1/ Un peu avant les partiels, annoncer qu'on va nous enculer.
Du coup les étudiants responsables, ayant une once de conscience politique
— ils sont souvent à gauche, ceux-là —, entament un mouvement, organisent des AG, bloquent les facs pour qu'on parle d'eux & de leurs revendications.
Alors, deux aspects : (i) du coté des manifs et de l'action, ils se font tabasser, arrêter, matraquer et leurs revendications passent à la trape, ainsi que leur mouvement ; (ii) du coté des caméras, ils passent pour des branleurs qui veulent sècher les partiels. Tout ça est bien rôdé, ça fait depuis 68 qu'on nous sert la même soupe.

2/ Un peu après les partiels, procéder à la pénétration anale
— avec ou sans gravier, faire passer les réformes. Quand le mouton est bien gras, il reste plus qu'à l'égorger. — Pour l'engraisser, lui passer des bonnes séries TV pendant l'été, type saga estivale avec rebondissements et gros nichons.





Déjà les grands médias nous font passer pour des anti-démocrates : les manifestants manifestent contre le résultat de l'élection, donc ils sont contre la démocratie, donc ils sont hérétiques, donc il faut les éliminer
— ils ne font pas partie de la france qui se lève tôt, puisqu'ils se couchent tard.
Les revendications exprimées lors des AG
— concernant les réformes étudiantes de cet été, les atteintes aux droits de grève annoncées par Sarkozy, ouvertement, et j'en passe — passent pour des "refus de démocratie".

Sachez-le : Vous, les manifestants, n'êtes pas contre telle ou telle loi, vous êtes contre le choix du peuple
— vous vous prononcez contre Nicolas, roi de tous les français. C'est J.-P. Perno qui l'a dit.

"Les jeunes gauchos n'acceptent pas le choix du peuple !".

Sarkozy a les médias à sa botte, c'est flippant, internet y passera à son tour, et l'outil d'organisation qu'il est aujourd'hui (Cf. indymedia, nos différents blogs, les différents sites du type "la télé libre", etc.) sera demain un outil de propagande et de répression. Tout ça, c'est rien de très surprenant, on le savait que ça nous tomberait sur le coin du nez, tout se réalise maintenant sous nos yeux.



(
Dernière nouvelle, à peine ai-je fini d'écrire, que je lis :
"[Le ministre délégué à l'enseignement supérieur] considère dans un communiqué "comme profondément inadmissible qu'une minorité d'extrémistes, manifestant leur mépris de la démocratie, prétendent s'opposer à la mise en œuvre du programme du président de la République"."
Aussitot dit, aussitot fait.
L'équation est simple : tous ceux qui s'opposent A DES REFORMES ANNONCEES PAR M. SARKOZY (et non pas au choix du peuple) font partie de la "minorité d'extrémistes". Et sachons-le : nous allons morfler pendant 5+ ans.
)


Voici un court métrage réalisé par je-ne-sais-qui lors de la nuit du 6, à Bastille.
La france entre dans une drôle d'époque.




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A propos 10/05/2007 09:27

Ces étudiants sont ultraminoritaires : AG à la Sorbonne lundi dernier = 10 personnes assis en tailleur dans le hall des amphithéatres...