Zizek — "I'm beginning to get into this Lacanian stuff!"

Publié le par Ritoyenne

No comment.
Faut vraiment que je lise zizek.

Publié dans La philosophie en vie

Commenter cet article

Baptiste 13/05/2007 18:25

Je ne sais pas si c'est une attitude si rare que cela... Deleuze ou Thom sont d'autres cas fameux. Il suffit d'ouvrir leurs bouquins pour récolter plein d'exemples (deux exemples qui me viennent en tête : le capitalisme axiomatique chez l'un, le rapprochement entre la structure de la phrase et le développement de l'embryon chez l'autre). Parfois lumineux, parfois du foutage de gueule. Ou encore mieux, il suffit de consulter l'anthologie du post-modernisme de Sokal et Bricmont (et là, les citations sont rarement lumineuses). Ou de suivre la catégorie "sciences" de n'importe quel forum. Non vraiment, j'apprécie l'imagination, j'aime les délires de Deleuze et la fantaisie de Thom, mais quand l'audace n'est pas contrôlée par un cadre fixe de connaissances claires, ça fait très mal, à l'intelligence comme à son expression publique, ce qui contraint à faire attention à l'image qu'on donne, quand on est perçu comme originaire d'une spécialité quelconque. Chaque mot de travers d'un philosophe oblige son collègue à adopter une attitude défensive, à être infaillible (parce que le savant ne lui pardonnera aucune erreur), à soigner les susceptibilités, à détecter les inimitiés inavouées ou à combattre les clichés (parfois inconscients), bref à faire de la diplomatie jusqu'à l'épuisement, parce que des personnes intéressantes le perçoivent comme un étranger, alors que lui aimerait collaborer avec eux. Alors pitié, que chacun surveille sa langue (au secours, je suis en train d'appeler à la responsabilité, saint Friedrich, donne moi la force). Sokal et Bricmont sont le parfait exemple de types qui à force d'entendre des conneries, en ont marre et tirent dans le tas, abandonnent toute charité, ne se demandent même plus si telle idée un peu saugrenue n'est pas au fond intéressante. D'un coté, des philosophes et des intellectuels (cage où on semble enfermer tous les imbéciles de France. Enfin une étiquette qui fonctionne) qui perdent toute rigueur, de l'autre des scientifiques qui tombent dans l'excès inverse, s'emmurent et se rigidifient. Bilan : les philosophes disent que les scientifiques n'ont rien compris à la philosophie (et c'est parfois vrai) et les scientifiques trouvent que les philosophes sont de grossiers personnages qui transforment leurs découvertes en bavardage abscons (et c'est parfois vrai), alors qu'ils ne connaissent même pas les bases de la science (et c'est souvent vrai). Le malheur de ce mécanisme, c'est qu'on réduit un domaine à ses plus mauvais éléments. Je peux toujours vous trouver un scienteux vulgaire qui déclare que l'esprit est une illusion et que l'art c'est de la merde, tout comme je peux trouver un heideggerien parlant un sabir germano-pratin et s'évanouissant à la vue d'une équation. Chacun sera une telle caricature que l'autre le confortera dans ses jugements (vous voyez bien que la science nie l'humanité... vous voyez bien que la philo c'est de la branlette). Mais ces idiots ne comptent pas car dans le panthéon des chercheurs, dans le Oualala des Très Grands, existent des scientifiques qui lisent Kant et des philosophes fins connaisseurs de mécanique quantique, travaillant unis dans une trans-inter-infra-disciplinarité pour le progrès du savoir humain – poil aux mains, mais progrès quand même. Désolé, tout cela nous éloigne de Žižek.

Ritoyenne 13/05/2007 15:40

C'est quand même très "propre à" Zizek de faire le lien entre des choses qui n'ont pas de lien a priori. Il le fait dans tous les textes de lui que j'ai lus (j'avais déjà lu le truc sur les siths). Moi j'aime bien sa grande gueule, il faudra que je le lise pour voir ce que ça vaut. Ses films & vidéos sont + marrantes qu'intéressantes - mais elles ne sont pas inintéressantes pour autant. 

Baptiste 13/05/2007 15:32

Ha c'est marrant, je fouillais dans de vieux Monde Diplomatique pour retrouver un article très bête d'Onfray sur l'histoire de la philosophie, et je tombe sur un article de Žižek qui affirme que La Revanche des Sith véhicule l'idéologie d'un capitalisme bouddhiste.
Il se trouve qu'il est dispo sur leur site.  Enjoy : http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/ZIZEK/12370
Ca me fait penser au texte sur lequel je suis tombé hier, qui disait qu'il y avait une affinité entre Wagner et la physique contemporaine (texte si naïf qu'il en était triste ou attachant).
Ce qui me fait penser (je pense beaucoup) que les blagues de potache sur l'influence de Tintin au Tibet dans l'esthétique de Miro ne sont parfois pas si éloignés des délires dont sont capables les grandes personnes.